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AUX  ARMES !

A nouveau, un contrat de vente d'armes de la F.N. Herstal à destination de la Libye a posé un problème de conscience à toute la gent politicienne, comme si celle-ci avait une éthique autre que celle qui convient au décor de ses ambitions électorales.

A coup de décrets pris comme toujours dans la hâte du moment, les politiciens énumèrent les critères à remplir par les dictatures de tous poils pour pouvoir être acceptés comme clients par notre industrie d'armement. Le pays exotique doit être stable, fiable, la dictature bien assise, la morale officielle conforme aux droits de l'homme, sans oublier quelques autres conditions très semblables et qui font bien rire dans les chancelleries. Il ne reste plus aux usines d'armement qu'à fermer leurs portes et à licencier leur personnel. Un savoir séculaire se perd ainsi pendant que les potentats vont déjà frapper aux portes des pays voisins qui leur déroulent le tapis rouge avant de leur offrir les mêmes contrats d'armement que les stupides politiciens wallons leur refusent.

Dans notre pays où seuls les bandits sont armés, où les honnêtes citoyens n'ont pas le droit de l'être, l'éthique a dérivé au point d'être culbutée cul par dessus tête par les penseurs décadents qui occupent le haut du pavé. Lorsque la victime a le courage de se défendre en cas d'agression, c'est elle que la justice poursuit et condamne.

Dans la région liégeoise où la fabrication des armes est une activité plusieurs fois séculaire, chacun sait combien de savoir-faire, combien d'art entre dans la fabrication d'une arme et combien il est agréable pour un homme de la posséder, de la manipuler, de la caresser, de l'entretenir, de la contempler, sans compter le sentiment de sécurité qu'elle procure. Une arme n'est pas un objet délétère comme on veut nous le faire accroire mais un accessoire important qui accompagne les hommes depuis la nuit des temps, un gage de tranquillité, une assurance-vie contre les mauvaises rencontres.

On dira que l'Etat pourvoit à la sécurité des citoyens et qu'il suffit de faire appel à la police pour être protégé. Mais la police arrive toujours comme les carabiniers d'Offenbach lorsque, armés jusqu'aux dents, les bandits ont pris la poudre d'escampette avec leur butin après avoir occis au passage ceux qui, désarmés, se seraient trouvés au travers de leur chemin ou que le hasard aurait placé là par malheur. Dans ces cas, hélas presque quotidiens, on envoie un ministre à l'enterrement des victimes et le silence des tombes efface le souvenir des drames. Mais lorsque, trop rarement et presque désespérément, une victime se rebiffe et fait subir à son agresseur le sort qu'il lui réservait, aussitôt, à grand renfort de roulements de tambour, les médias et les politiciens montrent du doigt le malheureux agressé qui, selon les normes pesées sur une balance de pharmacien, n'a pas exactement respecté les prescriptions en matière de légitime défense. Ce mauvais citoyen est coupable d'avoir sauvé sa peau, et c'est pourquoi il sera emprisonné, jugé, condamné à la prison et ruiné par les indemnités qu'il devra verser à la famille du malheureux bandit mort pour n'avoir pas tiré le premier.

L'incapacité des pouvoirs politiciens de protéger les honnêtes gens et de mettre hors d'état de nuire les bandits justifie la revendication de détenir une arme de dissuasion. Contrairement à la doctrine officielle qui interdit à la victime de résister, la loi naturelle, qui est la forme la plus haute de l'éthique, impose à chacun non seulement de se protéger soi-même mais aussi de défendre sa famille et ses biens.

17 ventôse CCXIX.

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